Aernschd Born
«C’est comme se laver les dents. Celui qui ne s’engage pas aura mauvaise haleine.»
Le 2 mars 2009 à Berne, Aernschd Born, directeur de l’association «Nie wieder Atomkraftwerke Schweiz» («Plus jamais de centrale nucléaire Suisse», NWA) fondée en 1970, a remis au nom de celle-ci la pétition «Ôtons le couvercle!» réunissant 28'300 signatures. Il exploite également le Kulturpavillon à Bâle, préside le LiederLobby Schweiz, rédige depuis plus de 40 ans des poèmes lyriques et des chansons, collabore depuis deux décennies à l’émission «Zweierleier» de la radio DRS et est le scénariste de productions multimédia. Voici le portrait d’un homme occupé et engagé.
Ôtons le couvercle et libérons la voie
Le lundi 2 mars 2009 était un jour pluvieux et brumeux à Berne. Dans l’après-midi, un groupe d’environ 30 personnes s’est formé sur la Terrasse fédérale située derrière le Palais fédéral. Près d’eux se trouvait un podium avec un énorme couvercle. Soudain, le couvercle s’est soulevé, est tombé sur le sol et quatre formes sont apparues, symboles des énergies renouvelables: le soleil, le vent, l’eau et la biomasse. L’action avait lieu dans le cadre de la remise de la pétition «Ôtons le couvercle!» lancée par Aernschd Born et l’association NWA et signée par 28'378 personnes. La pétition demande de relever le contingentement des énergies renouvelables stipulé dans la loi fédérale sur l’énergie. Il faut «ôter le couvercle» et libérer la voie au financement de tous les projets déjà présentés. «Tous ceux qui le souhaitent doivent pouvoir investir dans les énergies renouvelables et obtenir une rétribution à prix coûtant du courant injecté. L’énergie renouvelable en Suisse ne doit plus être maintenue sous un couvercle», telles sont les explications données par Aernschd Born sur le contenu de la pétition.
Fructueuse récolte de signatures
Le thème des centrales nucléaire est actuellement sur toutes les lèvres, notamment à cause des demandes d’autorisation générale pour la construction de deux nouvelles centrales nucléaires parvenues à la Confédération. L’opposition commence à se former au sein de la population. Aernschd Born espérait donc que la récolte de signatures serait bonne. «Mais je ressens un véritable élan d’enthousiasme en constatant que nous avons rassemblé trois fois plus de signatures que ce que j’espérais initialement!» Celui qui s’était engagé activement en 1975 contre la centrale nucléaire de Kaiseraugst et qui, en tant que compositeur, avait même donné de une voix à ce mouvement, défend de manière toujours aussi engagée ses convictions, 30 ans plus tard. Pour lui, il ne s’agit pas de remettre en question les progrès techniques. Mais il faut que ces progrès s’adaptent aux besoins de l’homme, des animaux et de la nature. Sa devise est claire et sans équivoque : «C’est comme se laver les dents. Celui qui ne s’engage pas aura mauvaise haleine.»
Aucun jour ne se ressemble
Il n’existe pas un jour de travail "normal" pour Aernschd Born. Il travaille à 50 % chez NWA en tant que directeur. Il y organise notamment des actions et étend constamment le réseau de l’association. A l’approche des soixante ans, il dirige avec sa compagne le Kulturpavillon de Bâle et monte lui-même parfois sur scène avec ses chansons et ses satires. «Mes journées sont remplies d’imprévus. Sur ce point, elles sont comparables à une centrale nucléaire», plaisante Aernschd Born. Malgré le sérieux du sujet, on se surprendrait presque à sourire de cette petite blague. Il reste à espérer que les nuages de pluie s’en aillent et laissent la place à l’énergie solaire.
Production NWA; bande sonore «Dänk nooch», Marook
Informations supplémentaires:
www.nwa-schweiz.ch
www.crealize.ch